Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 01:20

Traduit et adapté par Fred Rabeman. Publication autorisée par le Centre Ayn Rand octobre 2008
Original : The Maestro vs. the Market By Alex Epstein and Yaron Brook, ARC http://www.aynrandcenter.org

 

Alan Greenspan soutient que le marché libre n'a pas pu empêcher la crise financière, et qu'il « est choqué » que sa profession de foi pour l’économie de marché se soit avérée  faillible.

Mais enfin pourquoi faudrait il le prendre au sérieux ? Greenspan était certes jadis un adepte de  la philosophie du « laissez-faire » d'Ayn Rand, mais finalement il n'a pas défendu la liberté authentique du marché au cours de sa carrière. Rappelons-nous, il est homme qui a été présenté pendant deux décennies  comme le « Maestro infaillible du système financier » selon l’expression du  New York Times.

L’économie de marché n’a pas  besoin de  « maestro infaillible » car elle nous fait l'économie de tels «maestros» qui sont ces planificateurs centraux qui ont maintes fois revendiqué outrageusement la capacité et le droit d'  «orchestrer» des millions de vies économiques. L’économie de marché nous permet à chacun d'être le maestro pour diriger nos propres affaires, produire et commercer selon ce que notre meilleur entendement, et assumer nos responsabilités quand nous échouons.

Toute la  carrière d'Alan Greenspan à la Banque Centrale des USA n'a fait que perturber l’économie de marché par le contrôle des marchés financiers, y compris bien sûr le marché hypothécaire. La Federal Reserve  exerce par sa nature un énorme pouvoir sur l’économie de marché en dictant la masse monétaire et les taux d'intérêt, variables qui déterminent à leur tour le crédit et  le levier des banques dans l'économie. Au début du règne de Greenspan, certains pensaient que cet adversaire connu du système de la Banque Centrale  et défenseur de l’étalon-or allait réduire au minimum la distorsion des marchés provoquée par la Fed. En fait Greenspan est devenu le Manipulateur-en-Chef qui a gonflé à plusieurs reprises la masse monétaire et abaissé artificiellement les taux d'intérêt pour soi-disant soutenir  la prospérité. En outre, il n'a fait aucune objection sérieuse  à l'encontre  des  destructeurs institutionnels du marché que furent Fannie Mae et Freddie Mac -lequelles avaient incité les  prêteurs à accorder des crédits de plusieurs trillions de dollars,  une chose qu'ils n'auraient jamais tentés  de faire sur un marché libre - ,  ni contre le cartel des agences de notation soutenues par le gouvernement, dont les modèles absurdes ont gratifié les prêts hypothécaires de la meilleure note triple A!  Aussi, Greenspan ne parle pas  en porte-parole du marché libre -inexistant- de la finance et du logement, mais en propagandiste de la planification centrale du gouvernement toujours là pour davantage blâmer le marché plutôt que la Banque Centrale  quand celle-ci détruit l'économie de marché.

Ce n'est certainement pas là notre Alan Greenspan qui avait autrefois fustigé la Banque centrale et défendu l'étalon or dans l’œuvre d’Ayn Rand le Capitalisme, cet idéal inconnu. Cet Alan Greenspan avait compris la nature des marchés libres, il  avait expliqué comment ceux-ci encouragent le comportement raisonnable et intéressé, à condition que les individus prennent en charge leurs risques. Il avait également mis en lumière le mécanisme gouvernemental des subventions et des renflouements qui favorise le comportement irrationnel et destructeur. Par exemple, quand le gouvernement gonfle la masse monétaire et manipule le taux d'intérêt, il alloue aux institutions financières une nouvelle monnaie  sans contrepartie réelle ; cette liquidité  est alors canalisée dans certains secteurs de l'économie -comme la nouvelle économie en 2000 ou récemment l’immobilier- pour produire une croissance économique artificielle suivie d’une récession brutale. En 1996, Alan Greenspan décrivait ainsi la bulle qui avait précédé la crise de 1929 : « Le crédit excessif que la Banque Centrale avait injecté dans l'économie se répandit dans le marché boursier pour engendrer une bulle spéculative monstrueuse. » Classique, non? Quelle serait donc selon Greenspan la cause de la bulle spéculative immobilière qui est au cœur de la crise d'aujourd'hui : le marché ou le Maestro ?

Greenspan pourrait naturellement  changer d'avis, mais il serait intellectuellement malhonnête de prétendre que le marché qu'il a manipulé pendant 20 années ait été véritablement libre. Quant à ceux qui s’interrogent sur les actions de Greenspan, ils ne devraient pas lui demander ce qu'il n'a pas pu faire pour empêcher la crise financière, mais comment il a déclenché la crise en utilisant l’énorme puissance de la Banque Centrale pour favoriser  l'irrationalité à  Wall Street. Il faut lui demander comment il peut affirmer que la conjonction funeste de la planche à billet  et des programmes immobiliers de l’Etat Providence, n'a pas fait faussement croire que l'immobilier serait toujours en hausse, car c'est cette fausse promesse qui est la racine même de toute l'irrationalité de ce  marché, du prêt aux personnes pauvres et insolvables jusqu’à la titrisation de ces prêts par Wall Street.

Si  on veut comprendre les crises financières, il faut lire Ayn Rand, ou Ludwig Von Mises, ou même l'Alan Greenspan d’il y a 42 ans. Mais écouter l’Alan Greenspan d'aujourd'hui parler de l’économie de marché, c’est comme écouter un censeur chinois parler de la liberté d’opinion.

Rien de bon ne peut émerger, intellectuellement ou politiquement, quand on attribue les problèmes à des concepts qui n’existent pas  comme  le marché libre de l’immobilier ou l’économie libre. Les Américains doivent comprendre que la vraie nature de Greenspan est celle du  bureaucrate manipulateur du marché, pour pouvoir enfin saisir  comment les règlementations du gouvernement ont engendré le  désastre actuel, et pour pouvoir être épargnés des  crises provoquées par une « économie de  marché » sujette à être  encore moins libre à l’avenir.

 

Alex Epstein est analyste au Centre Ayn Rand pour les droits individuels (ARC). Yaron Brook,  Docteur ès finances, est président de l’ARC. Le centre Ayn Rand est une division de l'institut Ayn Rand et promeut la philosophie d’Ayn Rand,  l'auteur de “Atlas Shrugged” et “The Fountainhead.”
Par Fred Rabeman - Publié dans : Politique économique
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