Samedi 15 novembre 2008 6 15 /11 /Nov /2008 01:35
 

Vous avez évoqué la spéculation boursière. Nous avons demandé à l’Autorité des marchés financiers de prendre une mesure très ferme pour interdire tout ce que l’on appelle « les ventes à découvert »…Les ventes à découvert qui consistent à revendre des titres dont on ne dispose pas , en espérant qu’entre-temps ils baisseront- sont interdites.

Mme Christine Lagarde, Ministre de l’Economie le 8 octobre 2008 à l’Assemblée Nationale  

 La fiction se déroule en France début 2013. Ce mois de février, les services secrets font état au Président de la République du plan assourdissant de Poutinix de s'accaparer de la société Idéfix. Largement souscrite par les Français, Idéfix est très populaire, c'est le fleuron stratégique de l'industrie. L'Etat Français a tenu sa promesse de dénationalisation, il ne détient aucune part, ayant tout fait pour que les petits porteurs et l'industriel Lagardix aient la majorité des titres soit 70%, le reste étant détenu par des fonds de pension anglo-saxons. Le plan de Poutinix, apprend on au Chef de l'Etat consiste à faire monter les enchères de telle sorte que les 35% des parts détenues par le public et les 30 % détenues par les fonds de pension tombent dans les mains de l’ours Soviétique qui est prêt à offrir jusqu'à 3 fois le cours actuel. En effet, les ambitions géopolitiques de Poutinix sont démesurées, il veut devenir le maître de l'énergie en Europe !

Le Chef de l'Etat enrage, il convoque une cellule de crise. Que faire ? Impossible de remettre Idéfix dans le giron de l'Etat car alors la promesse envers les citoyens serait bafouée, de toute façon, les caisses de l'Etat sont vides, et depuis la crise bancaire de 2008, il n'est pas question de trouver des milliards pour sauver l’industrie. Lagardix n'a pas les fonds propres nécessaires pour augmenter sa participation dans Idéfix. Alors le Chef de l'Etat téléphone à Obamix pour le convaincre de faire pression sur les fonds de pension : « il ne faut pas qu'ils vendent leurs titres même s'ils pourraient en tirer un profit de 200% » vocifère Sarkix, car « c'est un coup de Poutinix, et vous ne voulez tout de même pas que votre amie la France perde son indépendance énergétique ! » Sur ce Obamix répond : « bon écoute, Sarkix. Nos fonds de pension seraient ravis de gagner 200% même si c’est à cause de ce vilain Poutinix, car ça permettrait à nos retraités de gagner plus et de souffler après notre crise effroyable de 2008. Ce n’est pas comme chez toi où les retraités vivent au crochet des travailleurs et où les retraites ne sont pas  provisionnées ! Alors désolé, on ne va pas  t'aider. Mais prends conseil auprès du courtier Rabeman, il s'y connaît dans la bourse, et tellement d’ailleurs qu'il avait pronostiqué mon élection et ma réélection au moyen d'indicateurs boursiers ». Sarkix furieux:   « Rabeman ? Cet excentrique qui se proclame anarchiste et capitaliste, ultra libéral qui n'a cessé de se moquer de moi depuis que j'ai sauvé le Monde de la dépression ? » « Ecoute, appelle-le, il aura sûrement un plan fabuleux ».

Le lendemain, le Chef de l'Etat téléphone à Rabeman, qui comprenant tout assène : « bien, Monsieur le Président. Convoquez une réunion secrète avec le Président de l'Assemblée Nationale, les Présidents des groupes parlementaires de votre majorité».  Au cours de la réunion, Rabeman dévoile un bout de son plan : « débrouillez-vous, mais il faut que temporairement, il soit légal de vendre les actions à découvert. Sans cela, nous ne pourrons pas déjouer Poutinix ». Les politiques présents à la réunion secrète sont consternés, mais l'enjeu est si grand qu'ils réussissent à faire voter en urgence dans le mois la nouvelle loi à l'Assemblée Nationale instituant que les ventes à découvert seront à nouveau autorisées sauf en cas de force majeure.

La loi votée, le courtier Rabeman téléphone aux fonds de pension. « Vous détenez un nombre formidable d'actions d'Idéfix qui dorment dans vos portefeuilles. Elles ne vous rapportent pas grand chose en ce moment, hum...vous pourriez me les prêter à raison de 20% d'intérêts annuels » « Ah, pas mal comme affaire...Rabeman, vous avez toujours d'excellentes idées ! »

La semaine suivante, les 30% de titres Idéfix détenus par les fonds de pension US, soit 600 Millions de titres, sont transférés sur le compte du courtier Rabeman, pour une valeur de marché de 24 Milliards€. Aussitôt, Rabeman convoque Lagardix : « vous détenez 35% des titres, soit 700 Millions de titres pour une valeur de 28 Milliards €. Vous allez vendre cette semaine 600 Millions de titres à découvert » A la fin de la semaine, le compte de Lagardix détient 700 Millions de titres Idéfix et une position à découvert de 600 Millions de titres Idéfix  vendus à un prix moyen de 35€, générant une position cash de 21 Milliards€.

Fin avril, Rabeman est en réunion secrète à l'Elysée.  « Le 7 mai, il y aura les résultats d'Idéfix. Ils décevront les opérateurs, le titre plongera. Ce jour-là, vous ferez discrètement publier pour le 9 mai l'annonce comme quoi Lagardix a vendu 600 Millions de titres ».

Le 7 mai, Idéfix plonge à 25€. Elle remonte un peu le 8 mai, jour férié en France dans un faible volume. Le 9 mai, sous l'effet désastreux de la nouvelle de la vente colossale par Lagardix,   Idéfix s'effondre à 15€. Vers 14h, Rabeman convoque Lagardix. « Vous allez maintenant racheter votre position, il y a tellement de panique que vous réussirez à écouler votre achat à 18€. Vu que vous avez récolté 21Milliards€ en vendant à découvert, vous allez débourser au plus 10,8 Milliards€. Vous faites donc un bénéfice de 10,2 Milliards€ dont vous consacrerez 900 Millions pour vous acheter 500 Millions de titres aux petits porteurs paniqués. Il restera encore sur votre compte  1,2 Milliards € en cash que je vous prendrai pour payer les intérêts dus aux fonds de pensions sur le prêt des 600 Millions de titres vendus à découvert. Le public détiendra alors 300 Millions de titres, vous Lagardix en détiendrez  1,1 Milliards, demain je restituerai les 600 Millions de titres aux fonds de pension. Poutinix n’aura rien car aujourd’hui le 9 mai c’est férié en Russie, les traders russes chôment ! Bon, ça prendra du temps pour qu’Idéfix retrouve son cours de 40€, mais maintenant, vous êtes l’actionnaire majoritaire !  Idéfix reste Française et même les fonds de pension Américains ne pourront pas  imposer leurs vues ! »

Le 10mai, Poutinix maugrée contre la France et les courtiers internationaux « vendus à la puissance de l’argent » qui jadis avaient détruits, selon lui, l’Union Soviétique. Mais depuis le 10 mai 2013, la France a aboli les lois contraignant la spéculation et est devenu le pays comptant le plus grand nombre de hedge funds au monde, pour le plus grand plaisir du fisc qui se réjouit de taxer leurs fabuleux profits.

Par Fred Rabeman - Publié dans : Politique économique
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Dimanche 26 octobre 2008 7 26 /10 /Oct /2008 01:20

Traduit et adapté par Fred Rabeman. Publication autorisée par le Centre Ayn Rand octobre 2008
Original : The Maestro vs. the Market By Alex Epstein and Yaron Brook, ARC http://www.aynrandcenter.org

 

Alan Greenspan soutient que le marché libre n'a pas pu empêcher la crise financière, et qu'il « est choqué » que sa profession de foi pour l’économie de marché se soit avérée  faillible.

Mais enfin pourquoi faudrait il le prendre au sérieux ? Greenspan était certes jadis un adepte de  la philosophie du « laissez-faire » d'Ayn Rand, mais finalement il n'a pas défendu la liberté authentique du marché au cours de sa carrière. Rappelons-nous, il est homme qui a été présenté pendant deux décennies  comme le « Maestro infaillible du système financier » selon l’expression du  New York Times.

L’économie de marché n’a pas  besoin de  « maestro infaillible » car elle nous fait l'économie de tels «maestros» qui sont ces planificateurs centraux qui ont maintes fois revendiqué outrageusement la capacité et le droit d'  «orchestrer» des millions de vies économiques. L’économie de marché nous permet à chacun d'être le maestro pour diriger nos propres affaires, produire et commercer selon ce que notre meilleur entendement, et assumer nos responsabilités quand nous échouons.

Toute la  carrière d'Alan Greenspan à la Banque Centrale des USA n'a fait que perturber l’économie de marché par le contrôle des marchés financiers, y compris bien sûr le marché hypothécaire. La Federal Reserve  exerce par sa nature un énorme pouvoir sur l’économie de marché en dictant la masse monétaire et les taux d'intérêt, variables qui déterminent à leur tour le crédit et  le levier des banques dans l'économie. Au début du règne de Greenspan, certains pensaient que cet adversaire connu du système de la Banque Centrale  et défenseur de l’étalon-or allait réduire au minimum la distorsion des marchés provoquée par la Fed. En fait Greenspan est devenu le Manipulateur-en-Chef qui a gonflé à plusieurs reprises la masse monétaire et abaissé artificiellement les taux d'intérêt pour soi-disant soutenir  la prospérité. En outre, il n'a fait aucune objection sérieuse  à l'encontre  des  destructeurs institutionnels du marché que furent Fannie Mae et Freddie Mac -lequelles avaient incité les  prêteurs à accorder des crédits de plusieurs trillions de dollars,  une chose qu'ils n'auraient jamais tentés  de faire sur un marché libre - ,  ni contre le cartel des agences de notation soutenues par le gouvernement, dont les modèles absurdes ont gratifié les prêts hypothécaires de la meilleure note triple A!  Aussi, Greenspan ne parle pas  en porte-parole du marché libre -inexistant- de la finance et du logement, mais en propagandiste de la planification centrale du gouvernement toujours là pour davantage blâmer le marché plutôt que la Banque Centrale  quand celle-ci détruit l'économie de marché.

Ce n'est certainement pas là notre Alan Greenspan qui avait autrefois fustigé la Banque centrale et défendu l'étalon or dans l’œuvre d’Ayn Rand le Capitalisme, cet idéal inconnu. Cet Alan Greenspan avait compris la nature des marchés libres, il  avait expliqué comment ceux-ci encouragent le comportement raisonnable et intéressé, à condition que les individus prennent en charge leurs risques. Il avait également mis en lumière le mécanisme gouvernemental des subventions et des renflouements qui favorise le comportement irrationnel et destructeur. Par exemple, quand le gouvernement gonfle la masse monétaire et manipule le taux d'intérêt, il alloue aux institutions financières une nouvelle monnaie  sans contrepartie réelle ; cette liquidité  est alors canalisée dans certains secteurs de l'économie -comme la nouvelle économie en 2000 ou récemment l’immobilier- pour produire une croissance économique artificielle suivie d’une récession brutale. En 1996, Alan Greenspan décrivait ainsi la bulle qui avait précédé la crise de 1929 : « Le crédit excessif que la Banque Centrale avait injecté dans l'économie se répandit dans le marché boursier pour engendrer une bulle spéculative monstrueuse. » Classique, non? Quelle serait donc selon Greenspan la cause de la bulle spéculative immobilière qui est au cœur de la crise d'aujourd'hui : le marché ou le Maestro ?

Greenspan pourrait naturellement  changer d'avis, mais il serait intellectuellement malhonnête de prétendre que le marché qu'il a manipulé pendant 20 années ait été véritablement libre. Quant à ceux qui s’interrogent sur les actions de Greenspan, ils ne devraient pas lui demander ce qu'il n'a pas pu faire pour empêcher la crise financière, mais comment il a déclenché la crise en utilisant l’énorme puissance de la Banque Centrale pour favoriser  l'irrationalité à  Wall Street. Il faut lui demander comment il peut affirmer que la conjonction funeste de la planche à billet  et des programmes immobiliers de l’Etat Providence, n'a pas fait faussement croire que l'immobilier serait toujours en hausse, car c'est cette fausse promesse qui est la racine même de toute l'irrationalité de ce  marché, du prêt aux personnes pauvres et insolvables jusqu’à la titrisation de ces prêts par Wall Street.

Si  on veut comprendre les crises financières, il faut lire Ayn Rand, ou Ludwig Von Mises, ou même l'Alan Greenspan d’il y a 42 ans. Mais écouter l’Alan Greenspan d'aujourd'hui parler de l’économie de marché, c’est comme écouter un censeur chinois parler de la liberté d’opinion.

Rien de bon ne peut émerger, intellectuellement ou politiquement, quand on attribue les problèmes à des concepts qui n’existent pas  comme  le marché libre de l’immobilier ou l’économie libre. Les Américains doivent comprendre que la vraie nature de Greenspan est celle du  bureaucrate manipulateur du marché, pour pouvoir enfin saisir  comment les règlementations du gouvernement ont engendré le  désastre actuel, et pour pouvoir être épargnés des  crises provoquées par une « économie de  marché » sujette à être  encore moins libre à l’avenir.

 

Alex Epstein est analyste au Centre Ayn Rand pour les droits individuels (ARC). Yaron Brook,  Docteur ès finances, est président de l’ARC. Le centre Ayn Rand est une division de l'institut Ayn Rand et promeut la philosophie d’Ayn Rand,  l'auteur de “Atlas Shrugged” et “The Fountainhead.”
Par Fred Rabeman - Publié dans : Politique économique
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Samedi 12 juillet 2008 6 12 /07 /Juil /2008 23:30

Le pétrole est cher, n'est-ce pas, et les citoyens s'en plaignent. Faisant mine d'entendre les soucis de leurs sujets, les Etats se réunissent récemment à Bruxelles, il y a quelques semaines c'était le G8, et il y a eu le sommet de la FAO à Rome pour essayer d'apporter des solutions à la montée des prix de l'alimentation (un problème de même nature). Et tous les jours on parle de l’inflation sans savoir d’ailleurs de quoi il s’agit car la hausse des prix (lesquels d’ailleurs) n’est pas synonyme d’inflation. Des routiers Espagnols ont exhibé leurs fesses en signe de protestation, le Parisien a titré que le Monde devra vivre sans pétrole !


Mais de quoi les gens se plaignent ? Nous posons la question !


Car nous ne voyons aucune raison de se plaindre. Bien au contraire, nous sommes d’avis qu'il faut célébrer le pétrole cher.


Le Monde est économiquement globalisé. L'écrasante majorité des produits est fournie par les entreprises du secteur privé. Le pétrole est principalement fourni par des Etats mais les prix ne sont pas fixés par les Etats de l'OPEP. L'OPEP n'est pas l'URSS ou la Chine de Mao. Les prix du pétrole sont librement décidés par les acteurs économiques, et en particulier, qui achète le pétrole au prix actuel y consent en toute responsabilité.
 


Le pétrole est devenu plus cher alors qu'il n'y a pas de pénurie. Les stocks sont abondants. Certains affirment qu'il y aura pénurie, mais précisément, au prix actuel du pétrole, les forages ambitieux dans les sables bitumeux du Canada deviennent rentables. Or le Canada possède l'une des plus grande réserve de pétrole au Monde. Le Brésil vient de découvrir également un gisement fabuleux dans ses eaux territoriales. Il n'y aura jamais de pénurie ! Le quotidien Le Parisien se trompe. On utilisera encore longtemps le pétrole tout comme on consomme encore du charbon et même du bois à des fins énergétiques.
 


Alors pourquoi le pétrole est-il « cher » ?


Tout simplement, le pétrole rend des services fortement prisés dans la phase actuelle de l'économie mondiale
. Nous disons bien la phase actuelle car l'économie est faite de cycles. Nous sommes actuellement dans un cycle favorable à la haute valorisation du pétrole. Puis nous entrerons dans un autre cycle, où relativement le prix de l’Energie baissera par rapport à d’autres produits comme par exemple les automobiles.


En 1995 naissait le cycle de la télécommunication, de l'ordinateur et de l'Internet. En 2000, les
industriels achetaient les fabricants de ces services à des prix très élevés.  Se rappelle-t-on de Vivendi du temps de Jean-Marie Messier qui achetait sans regarder? Ce cycle a fait son temps. Et comme vous le constatez ces produits sont abondants, de haute qualité et accessibles. Dans l’avenir, quand vous achèterez des produits pétroliers made in Canada, vous vous direz qu’il y en a tellement et à si bon prix !


Nous disons que le pétrole rend actuellement des services très prisés. S'il n'était pas prisé, ni les industriels et ni vous les consommateurs ne l'achèteraient à ce prix. C’est tautologique et bête mais c’est ainsi que ça marche.


Chers lecteurs et consommateurs, vous êtes absolument responsables de la hausse des produits pétroliers
. Vous êtes satisfaits des services qu'il vous rend. Vous voulez maintenir votre style de vie, vos voitures, vos déplacements. Le pétrole rentre dans la composition de produits que vous achetez volontiers. La vérité est que vous adorez tout ce qui dérive du pétrole.


Vous, c'est-à-dire les consommateurs de la planète. L'enrichissement des consommateurs en Chine, en Inde, au Brésil, en Argentine, dans toute l'Asie permet au Monde d'accéder à de meilleurs produits. Devenus plus riches grâce à une superbe croissance depuis 2003, les citoyens du Monde ont consenti à s'approprier plus rapidemment un meilleur style de vie. Les crises du Mexique, de l’Argentine, du Brésil et de toute l’Asie du Sud-est, c’est du passé. Le Monde d’aujourd’hui, même en Afrique, accède, par l’effet heureux de la mondialisation subitement à un niveau de vie de vie plus élevé, et consomme précipitamment plus de matières énergétiques.


La hausse du pétrole reflète tout simplement l'enrichissement du Monde.


C'est très positif !


De quoi se plaint en plus  l'Européen qui, achetant des produits pétroliers, achète aussi des prestations par le truchement des taxes collectées (TVA, Taxe sur les produits pétroliers). L'Européen veut-il renoncer aux services publics (routes, infrastructures, ministères...) financés par la TVA et les taxes pétrolières ? La réponse est clairement non !


L'Européen voudrait vivre toujours mieux tout en se plaignant que son style de vie soit plus hautement valorisé ?


C’est de l’absurdisme. Hélas, même la sphère économique est frappée par l’illogisme.


On vous dit que le pétrole flambe à cause de l'Inflation. C’est faux ! Si on vous avait donné des
billets de banque sans exiger de vous un remboursement, ou si des faux en écriture permettaient la circulation indue de monnaie, il y aurait certes de l'Inflation frauduleuse.  On vous dit également que l’augmentation de la masse monétaire -jugée alors excessive- cause la hausse du pétrole. Voilà une autre absurdité car la formation des prix ne dépend pas de la quantité d’argent disponible, mais de la propension à l’utiliser selon la valeur subjective que l’on se fait du pétrole.  A supposer que vous fussiez en possession d’un formidable butin de billets de banque, vous pourriez toujours marchander au plus bas ! On vous parle aussi de spécificités des marchés financiers comme la baisse du Dollar, la structure des marchés à terme, des options, que sais-je ? Et tout ça c’est faux car les prix ne résultent pas de mécanismes, mais sont, le résultat de l’action de chacun.


L’Action Humaine –le titre de l’œuvre monumentale de l’Economiste Autrichien Ludwig Von Mises- est conçue de telle sorte par chacun d’entre nous pour réaliser notre bonheur personnel. Ainsi, nous valorisons actuellement chèrement le pétrole pour satisfaire notre quête du bonheur
 


Les raisons avancées par les journalistes, hommes politiques et spécialistes de l'économie pour expliquer la hausse des produits pétroliers sont hilarantes quand elles ignorent ce principe fondamental : je consens à débourser plus pour ce qui me rend plus heureux.


Si l’Iran devient une puissance nucléaire, ne croyez vous pas que l’on consentira à payer 500$ le baril jusqu’à ce que nos forces militaires mettent fin à la menace ?


Forcément, le prestataire de services pétroliers s'enrichit considérablement. Autre principe fondamental : on est riche en fonction de la valeur du service que l'on dispense. Et  tant mieux pour les monarchies du Golfe qui peuvent ainsi se moderniser de façon fulgurante et inonder nos pays de leurs pétrodollars.


Malheureusement, les hommes politiques soutenus par leurs électeurs, c'est à dire vous, chers consommateurs, veulent taxer les profits des sociétés pétrolières, imposer une taxe sur la spéculation (c'est à dire le pouvoir de valorisation), règlementer les marchés à terme (c'est-à-dire interdire aux plus humbles d’y intervenir pour par exemple faire baisser les prix), ou limiter la hausse du pétrole par des subventions dont les montants seront collectés par de nouvelles taxes.


Dans un autre registre, le Figaro rapporte que,
http://www.lefigaro.fr/le-talk/2008/06/20/01021-20080620ARTFIG00125-charles-beigbeder-louele-baril-de-petrole-cher.php


Charles Beigbeder loue le pétrole cher car cela donne un signal fort pour lutter contre les gaspillages et le réchauffement climatique. Evidemment, il parle dans sa position de Chef d’une entreprise capable de proposer des solutions dans ce sens, mais  il utilise une argumentation moralisatrice. Or si j’utilise ma voiture pour me déplacer au tabac du coin à 500m, je ne gaspille pas mon essence ; bien au contraire je l’utilise rationnellement car c’est le type de déplacement qui me rend heureux.


Charles Beigbeder enfreint un troisième principe : c’est toujours de façon souveraine que j’utilise ce qui m’appartient.


En gros, quand les consommateurs ont manifesté leur recherche du bonheur en élevant le prix du pétrole, d’autres sont là pour les taxer ou pour se moquer d’eux. Incroyable !
 


Il y a aussi les Hommes de l’Etat et des « patriotes économiques » pour prétendre qu’il faut réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de l’étranger, un euphémisme pour dire qu’il faut cesser d’acheter aux Arabes.


Voilà bien une autre absurdité car à moins de produire ce dont on a besoin pour le consommer ET  le vendre à autrui, il est plus rentable d’acheter ce dont on a besoin à autrui pour se réserver le temps de produire un bien que l’on vendra.


Du côté de la sphère des marchés financiers, la Banque Centrale et d'autres analystes nous font savoir que la hausse de l'Energie serait préjudiciable à l'Economie mondiale. C'est tout de même assez fort de café quand les Fonds investis dans le pétrole ou les actions pétrolières font beaucoup d'argent. Par ailleurs il faut savoir que l'industrie pétrolière est la première ou la deuxième capitalisation au Monde. Le pétrole cher ne profite pas seulement aux investisseurs, il soutient toutes les bourses mondiales, et par ricochet, la santé de l'investissement! Malheureusement, la sphère financière ne comprend pas ce quatrième principe : toute transaction librement consentie crée de la valeur, indépendamment de son prix.


Donc :

Le Monde va mieux. Les gens ont plus dépensé pour les produits pétroliers. Ils ont réalisés certains de leurs rêves. Ce furent des années magnifiques. Demain les gens réaliseront d'autres rêves.

Fred RABEMAN est directeur de www.maestrade.com    En 2006, Maestrade avait prévu la hausse du pétrole jusqu’à 145 $, réalisé le 3 juillet 2008

Par Fred Rabeman - Publié dans : économie
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Mardi 8 juillet 2008 2 08 /07 /Juil /2008 02:32

 


C'est toujours l'économie qui décide. Bush fut assez intelligent et malin dans sa rhétorique de candidat, mais en fait c’est l'économie qui l'a fait triompher 2 fois. En 2000, les Américains se sont débarrassés des Démocrates car ils percevaient, à la suite de la déconfiture de Wall Street,  que l'économie tournait à la récession. En 2004, les Américains ont maintenu Bush au pouvoir car ils ont estimé qu'ils recommençaient à dépenser normalement depuis 2003. Maintenant, l'état de l'économie exige un programme politique où le rôle du Gouvernement sera accru. Si le sénateur Mc Cain était si fin, il se présenterait comme le vrai successeur Roosevelt pour sauver l'économie. Mais ses stratèges l’empêcheront d’explorer cette voie car il en va de l’identité du Parti Républicain.


Il y a quatre ans, nous avions correctement prévu la réélection de George W Bush. Nous affirmons maintenant qu'OBAMA sera le prochain président des Etats-Unis. Notre méthode est purement économétrique. Nous choisissons des indicateurs économiques, appliquons un modèle propriétaire d’Analyse Technique et tirons la conclusion. Le modèle devrait toujours fonctionner. En effet, nous vérifions que le modèle est extraordinairement juste pour toutes les élections depuis 1960.


Un mot sur les sondages : ils ne nous intéressent pas. En effet, les Américains votent avec leurs pieds, c.-à-d. en tant qu'agents économiques jugeant l'action de l'État fédéral. Que pense l'électeur américain de sa situation économique ? C’est en fonction de ce sentiment que l'électeur Américain blâme ou approuve le gouvernement qui conduit la politique économique.

 

Quand nous disons « les Américains », nous désignons ce segment des ces Américains qui font pencher la balance. Ce sont les « indécis » votant à droite ou à gauche selon leur perception des circonstances ; ils sont ce que nous nommons « l’opinion mobile » que l’on doit cerner par des indicateurs eux-mêmes mobiles.

Nous estimons que 3 indicateurs sont vraiment pertinents pour saisir la situation économique de l'électeur américain : la confiance du consommateur, la durée du chômage et le taux d'intérêt.

À un moment donné de la situation macro-économique, l’électeur imagine sa consommation future. Quand l'électeur Américain est pessimiste, le gouvernement sortant est blâmé. Inversement, le gouvernement est reconduit quand la confiance du consommateur est en hausse. C'est simple. Un analyste politique devrait toujours avoir cela en tête et donc examiner l'indicateur de la confiance des consommateurs de l’Université du Michigan.


Habituellement, les analystes politiques étudient le taux du chômage pour voir si le gouvernement sortant a bien stimulé l'emploi. Nous pensons que c'est une fausse piste. Le taux du chômage est le rapport entre 2 mesures, la masse, du nombre de chômeurs par la masse de la population active totale. Dans une démocratie avec 2 partis prédominants, il est crucial de comprendre comment l'opinion majoritaire peut changer.  La mesure du mouvement est la vitesse. Ce qui compte vraiment pour les chômeurs, c’est la durée du chômage. Quand pourrais-je trouver un emploi pour pouvoir dépenser normalement ? Et si j’étais licencié, quelle serait la durée de mon chômage ?


Avons-nous besoin de plus moins de gouvernement ? Les Américains changent régulièrement d'avis sur cette question décisive. S’il faut  plus de gouvernement pour améliorer la situation économique personnelle des Américains, alors les Démocrates sont élus. Si le secteur privé est la meilleure réponse, alors les Républicains sont élus. Au lendemain de la Grande Dépression, les Américains sont séduits par le programme de solidarité de Roosevelt. Les Américains ont réélu Clinton en 1996 car ils ont estimé qu’il fallait que la nation eût un budget équilibré. En revanche, quand l’Économie est en pleine expansion, les Américains veulent voir qu’ils peuvent dépenser plus, s’endetter en ayant plus recours au secteur privé. L’abaissement des impôts devient nécessaire.  Dans ce genre de conjoncture, les Républicains gagnent grâce à leur discours pro-business. L’arbitre de la question de l’importance du gouvernement dans les affaires économiques, c'est la Banque Centrale. Quand le taux d’intérêt baisse, la Banque Centrale fait savoir que la croissance est en danger ;   cela équivaut à dire que les Américains feraient bien de se tourner vers le gouvernement.  Si une élection se produit à ce moment, le discours Démocrate est le plus crédible. Quand le taux d'intérêt augmente le consommateur perçoit que sa dette peut aussi augmenter sans risque. Dans cette situation, les entreprises estiment également qu'elles peuvent s’endetter. C’est l’enclenchement d’un cycle vertueux (sauf pour les économistes Autrichiens) où l’expansion du crédit s’accompagne de la baisse du chômage et de l’accroissement des disponibilités personnelles, et en conséquence le secteur privé est le meilleur choix économique de l'électeur. Le gouvernement doit juste alors abaisser les impôts pour satisfaire l'électeur.


Et pour finir, il y aurait certainement d'autres indicateurs susceptibles de raffiner nos prévisions. Mais nous pouvons fermement affirmer que nos 3 indicateurs sont suffisants pour faire une prévision très juste.

Nous sommes certains que BARACK OBAMA sera élu.

En effet,  sous la deuxième présidence de George W Bush,

La confiance du consommateur a plongé à un plus bas de 28 ans. Bush et les Républicains sont perçus comme les plus mauvais depuis Jimmy Carter !

La durée du chômage monte en flèche depuis 2007. Les Américains voient qu'il est plus difficile de trouver le travail ; par conséquent ils blâment Bush et les politiques Républicaines.

La Banque Centrale ne cesse d’indiquer que les Autorités doivent intervenir pour aider l'économie ; les taux d'intérêt ont été abaissés en conséquence, des fenêtres spéciales de crédit sont ouvertes par les Autorités,  et il n'y a aucune chance que le taux d’intérêt soit augmenté avant l'élection. Dixit la Banque Centrale,  l'État fédéral est la solution aux problèmes des Américain ! Les Démocrates n’ont alors aucune difficulté pour se présenter comme les sauveurs.


Et si ces 3 critères ne suffisaient pas, Wall Street a déjà voté pour OBAMA depuis l’été 2007.

Mc Cain pourrait essayer de se dissocier de Bush en proposant des mesures pour aider les Américains. Mais on n’a jamais su que la solidarité était un thème crédible chez les Républicains. OBAMA augmentera-t-il les impôts ? Peu importe car les Américains estimeront que les riches devront vider leurs poches pour sauver l’Économie. Mc Cain promettra-t-il un budget équilibré, la santé gratuite pour tous les Américains ? Cela ne serait pas crédible parce que les Républicains incarnent un individualisme qui n’est populaire que quand l’Économie tourne.


Et nous pensons même qu'OBAMA sera réélu en 2012 !


Si l'économie américaine demeure morose dans les 18 mois comme nous le pronostiquons, OBAMA puisera son inspiration dans le New Deal de Roosevelt  pour faire valoir que l'Etat est nécessaire pour promouvoir la prospérité de l'Amérique. L’Économie Américaine est dynamique, les Américains la remettront en place par eux-mêmes au cours des 4 prochaines années à venir, et c’est OBAMA qui en récoltera le crédit politique


Il est évident que les Etats-Unis feront tout ce qui est nécessaire pour éliminer la menace nucléaire de l’Iran. Si Bush frappe l'Iran, OBAMA devra présider la nouvelle politique extérieure résultant de la victoire ; si Bush ne frappe pas l'Iran, OBAMA devra faire le boulot…comme Roosevelt. En outre l'Amérique fera pression sur l'Israël pour signer la paix avec l'Autorité Palestinienne. L'histoire sourira ainsi à OBAMA qui sera considéré comme un grand Président de Paix.


Mais plus importante pour nous, la confiance du consommateur aura été rétablie d’ici 2012, et la durée du chômage aura chuté. Ces faits assureront la réélection d'OBAMA, à condition que la politique de la Banque Centrale incite les électeurs à faire confiance en l'État fédéral, en soutenant par exemple l'idée d'un budget équilibré.


Dans ce cas, OBAMA terminerait sa deuxième présidence en 2016 comme le plus grand Président depuis Roosevelt, ayant été capable de sauver l'Économie et d’instituer la Paix au Moyen-Orient.


Dieu bénisse l'Amérique !

 La version originale est publiée sur Op-Editorial de www.maestrade.com qui a correctement pronostiqué la réélection de Georges W. Bush en 2004

 

Par Fred Rabeman - Publié dans : international
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